Le chômage guette les jeunes. Avec la conjoncture actuelle, la disponibilité de l'emploi sur le marché se fait rare. Et cela d'autant plus, en milieu rural où les jeunes n'atteignent que très rarement le niveau universitaire. Seule alternative, se lancer dans de petits projets de micro-entreprise.
Vololon’Oliva Rakotoniaina est une des lauréates. Elle habite à Antanifotsy-Ambatolahy, dans la région Vakinankaratra. Ayant reçu les 2 millions Ar de fonds de début pour financer son petit business, Vololona a convaincu le jury grâce à son projet, l’élevage de poulets gasy. « J’ai arrêté mes études en classe de 3e, alors je suis consciente que mon niveau est assez faible. Par contre, chez nous, l’élevage est un secteur à fort potentiel. Voilà pourquoi j’ai choisi de créer un élevage de poules. J’ai pris quelques conseils au niveau du CSA et je pense bien pouvoir réaliser mon projet », raconte-t-elle. Car en réalité, Vololona est issue d’une famille d’artisans. « Nous confectionnons des lampions, ce qu’on revend ensuite en ville, à Tanà et à Antsirabe. Mais ce marché est assez limité car les ventes ne sont bonnes que durant le mois de juin », ajoute-t-elle.
En milieu rural, les jeunes vivent de ce que la terre peut leur donner. Le concours de mini-projets lancé par le ministère de la Jeunesse et des Loisirs pour l’année 2010 reflète les intérêts des jeunes quant à la dynamisation de leurs activités. Avec plus de 80% de projets proposés dans le secteur agricole, les données recueillies ont permis d’identifier le centre d’intérêt des jeunes, principalement dans les campagnes.
Velontsoa Jean Denis, quant à lui, est étudiant en médecine à Majunga. « Avec le retard des examens et tout le problème qui survient en ce moment dans notre université, je n’avais pas envie d’attendre sans rien faire. Mon père avait déjà pratiqué comme activité la pisciculture. Il élevait des tilapias. J’ai décidé de reprendre son business, le temps que mes études reprennent leur cours. Sauf qu’avec le prix de 2 millions ar que j’ai obtenu grâce au concours de mini-projets, je me dis que je ferais mieux de me consacrer à cette activité » raconte le jeune étudiant. « Les techniques, je les ai déjà acquises grâce à mon père. Nous avons un grand bassin de 30mX10m pas loin de Antsanitia, à Majunga. Je compte y exploiter les tilapias, afin d’approvisionner les marchés de la ville de Majunga ». Choisir de créer sa petite entreprise et de s’y investir, telle est l’alternative choisie par les jeunes afin d’échapper au chômage, et de contribuer ainsi au développement.