C'est la grande braderie pour la filière vanille. Au grand dam des paysans producteurs.
Au lendemain de la prise de pouvoir par la force en 2009, Andry Rajoelina avait promis aux paysans de la SAVA qu'il allait prendre en main leur sort en cherchant tous les moyens pour augmenter les prix de la vanille. Plus de deux ans après, cette promesse « présidentielle » tenue par le jeune homme fort de la transition n'est pas respectée. Pire, la situation s'aggrave pour la filière vanille. Plus particulièrement pour les paysans producteurs obligés de vendre le kilo de la vanille verte à une modique somme de 2 000 ariary le kilo.
Cours. Les opérateurs de la filière vanille se posent d'ailleurs la question de savoir comment le gouvernement de facto va faire pour augmenter les prix aux producteurs. Faut-il en effet rappeler que la campagne de la vanille verte a débuté le 15 juin pour la zone littorale. Malheureusement, les exportateurs ne se bousculent pas pour le moment pour acheter la production. Tout simplement parce qu'ils n'ont pas encore tous les paramètres qui leur permettent d'avoir une idée des cours de la vanille sur le marché, ni des besoins des importateurs.« La plupart des exportateurs sont en pleine négociation avec les importateurs »déclare un exportateur. Une manière de dire que la période actuelle n'est pas encore pour les achats massifs si l'on ne veut pas perdre aux changes au cas où les cours internationaux de la vanille dégringolent. Comme c'était le cas en 2010 où les cours étaient en moyenne de 15 USD le kilo en Europe, principal consommateur de la production malgache. Sauf sur les marchés de niche aux Etats-Unis où de la vanille malgache de très bonne qualité a pu être vendue entre 30 USD et 40 USD.
Cueillette précoce. L'autre problème qui se pose pour la vanille malgache, c'est qu'en raison de l'insécurité qui règne dans la SAVA, ils sont obligés de cueillir leur production très tôt par rapport à la normale. « Afin d'éviter les vols de la vanille sur pied, des paysans n'hésitent pas à cueillir leur vanille encore précoce » selon toujours ce paysan qui en veut d'ailleurs aux dirigeants de la transition de ne pas prendre les mesures de sécurité qui s'imposent. En tout cas, cette cueillette précoce fait craindre aux exportateurs une mauvaise qualité des produits. D'où leur réticence à acheter pour le moment. En somme, on s'attend encore à un fiasco, pour la filière vanille notamment pour les paysans producteurs.