Le Réseau Genre à Madagascar, avec l'appui du programme Saha et de l'association Simiralenta, organisent ce vendredi une porte ouverte suivie d'un échange sur « La Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des Femmes», au CGM Analakely.
A Madagascar, 32% des femmes âgées entre 15 et 49 ans pensent que l'homme a le droit de battre sa femme. Une proportion plus élevée en milieu urbain où 46% des femmes le pensent, contre 31% en milieu rural. La violence à l'égard des femmes est certainement le fléau qui concerne tout le monde, sans distinction de catégorie sociale, de revenu ou de niveau d'étude (source EDSMD IV 2008-2009). Afin de discuter de ce fléau, d'échanger et de partager, le réseau Genre, avec l'appui du programme Saha et en collaboration avec le Simiralenta, organise une porte ouverte vendredi prochain au CGM à Analakely ayant pour thème « La Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des Femmes
». L'objectif étant d'échanger sur la situation relative à la discrimination de la femme à Madagascar. Car à la lecture du dernier rapport de Madagascar quant à la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (Cedaw ou Cedef), l'on constate qu'il y a des écarts importants entre les législations et les actes, entre l'évolution des mentalités et de la prise de conscience politique. Ce débat invite toutes les parties prenantes afin de présenter les informations et de constater les réalités sur terrain.
Viols et harcèlements. La violence à l'égard des femmes se décline sous diverses formes. Violence morale, physique, conjugale, financière... Dans la réalité, elle est perçue comme une honte, particulièrement pour les victimes. Dans les médias, cela se reflète par le nombre de titres en faits divers rapportant des violences entre couples. Car les violences conjugales et les viols sexuels envers les petites filles et les femmes sont les plus courants. A cela s'ajoutent le harcèlement sexuel et le proxénétisme. A Antananarivo en 2009, 65% des femmes interrogées dans le cadre d'une étude ont subi des violences au cours des 12 derniers mois précédent l'étude. En outre, durant le premier semestre de l'année 2010, l'on a enregistré 452 filles âgées de moins de 18 ans qui ont été victimes de viol au centre hospitalier de Befelatanana. Parmi elles, 25,4% ont eu des conséquences graves et négatives sur leurs santés, 15,7% ont été infectées par des IST et 12,7% ont présenté un test de grossesse positif.
Autant de chiffres et de statistiques montrent que la violence à l'égard des femmes est une réelle préoccupation de santé publique. Cet échange-débat sera donc une occasion pour les associations, ONG et personnes intéressées de discuter autour de ce thème.