Les organisations membres de l’AVG interpellent l’opinion publique et les autorités compétentes.
Malgré les efforts fournis en matière de gestion et de conservation de la biodiversité, les mauvaises pratiques de gouvernance de l’environnement continuent. Les six organisations membres de l’Alliance Voahary Gasy (AVG) dans l’éco-région de Fianarantsoa, en coordination avec l’AVG au niveau national l’ont constaté. En effet, des communautés locales de base, chargées de gérer une partie des aires protégées, suite à un transfert de gestion, sont victimes d'abus de pouvoir, ont-elles dénoncé à l’issue de leur réunion.
Escorte des forces de l’ordre armées. En outre, le FAMARI (Fatidran’ny Ala Maiky sy ny Riake) a également évoqué que certaines autorités locales et des opérateurs économiques abusent de leurs pouvoirs pour offenser les droits des communautés de base ou (Vondron’Olona Ifotony). Lorsque ces dernières apposent leurs droits et responsabilités garantis par la loi en vigueur sur le transfert de gestion des ressources naturelles, elles n’ont plus la notoriété et la respectabilité nécessaires. Elles n’ont pas pu, entre autres, empêcher les gens d'effectuer des exploitations illicites des ressources forestières en raison d’une pression effectuée par certaines autorités locales. Une autre illustration, des activités de pêche de poissons, et ce, à grande échelle, sont entreprises dans le lac de Ihotry faisant partie du complexe de l’aire protégée Mikea, dans le district de Morombe. Pourtant, ce lac appartient aux zones réservées aux communautés locales de base dans le cadre du transfert de gestion. Celles-ci n’ont plus la notoriété, puisque des forces de l’ordre armées de kalachnikov sont venues escorter les camions transportant les produits de pêche dans la partie nord de Toliara, d’après toujours les membres de l’AVG.
Injustice sociale et environnementale. Quant au corridor forestier de Fianarantsoa, une recrudescence de l’exploitation illicite de l’or est observée. Les communautés locales de base se sentent impuissantes pour contrôler cette forte pression sur les ressources naturelles dont elles assurent la gestion. Beaucoup de migrants envahissent une partie de ce corridor pour effectuer des extractions aurifères, et ce, sur autorisation de certaines autorités locales. Par ailleurs, les droits d’usage ne sont pas respectés pour les autres communautés de base opérant dans une zone de location gérance attribuée à un opérateur privé à Fianarantsoa alors qu’on leur impose une lourde responsabilité. Cette zone constitue une forêt de pins et d’eucalyptus s’étendant sur plusieurs hectares. Pourtant, ces communautés locales n’ont pas le droit de prélever des bois morts alors qu’en cas de feux de brousse, elles risquent l’emprisonnement si elles n’éteignent pas le feu. « Quelle injustice sociale et environnementale ! », évoquent les membres de l’AVG.
Interpellation des autorités compétentes. Mais ce n’est pas tout ! Ceux-ci ont fait remarquer que des communautés locales de base constituent un moyen de levées de fonds dans le monde. Cependant, la répartition des bénéfices générés par la gestion et la conservation des ressources naturelles n’est pas transparente, d’après leurs dires. Il en est de même pour la vente de carbone issu de la protection d’une partie de la forêt d’autant plus que les informations relatives à ce genre d’activité qui se développe à l’échelle internationale, ne sont pas accessibles aux petits villageois. Face à cet état de fait, ces différentes organisations de société civiles membres de l’AVG interpellent l’opinion publique, les autorités compétentes et les opérateurs à démanteler tous les réseaux d’exploitation illégales des ressources naturelles et minières. Il faut également mettre fin à toutes ces formes d’abus de pouvoir tout en valorisant l’importance de la contribution des communautés locales de base dans la gestion des ressources qui leur sont transférées en respectant leur plein droit. En effet, toutes les parties prenantes doivent reconnaître l’importance de la conservation de notre biodiversité, compte tenu des services écologiques dont la population entière peut bénéficier. Le corridor forestier de Fianarantsoa est entre autres, un réservoir d’eau alimentant la grande partie du Sud de Madagascar, préserve des milliers d’espèces endémiques favorisant l’écotourisme. C’est aussi un régulateur thermique et climatique des régions. Avis au bon entendeur !