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Pauvreté : La conjoncture réduit la population à vendre leurs propres effets personnels

Vendredi, 23 Septembre 2011 13:39 Talenta Kanto
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De plus en plus de personnes vendent leurs effets personnels pour gagner un peu d'argent. Une pratique qui touche particulièrement les familles qui vivent un peu en dessous de la classe moyenne.

« Particulier vend des chaussures et des vêtements de grande marque » ou encore « vend chiots de race »... de petites annonces qui s'étalent dans les journaux, et qui reflètent les difficultés financières auxquelles les Malgaches font face actuellement. Des personnes qui vendent leurs propres biens, il y en a partout. A l'étranger, c'est via internet que cela se fait, et dans la plupart des cas, l'on se défait de certaines affaires pour se permettre d'acheter un nouveau modèle du même produit. Mais à Madagascar, on se défait de ses propres affaires pour joindre les deux bouts. « Depuis quelque temps, les articles que l'on voit sur les petits étals transportés par des vendeurs ambulants sont des affaires personnelles », remarque ainsi ce père de famille. La conjoncture est telle que certaines familles en arrivent à vendre les affaires à la maison. « Avant, nous prenions des produits chez les chinois qu'on revendait avec un petit pourcentage de bénéfice. Puis, on a commencé à écouler nos stocks sans plus pouvoir nous approvisionner. Aujourd'hui, on a tout vendu, et pourtant, nos besoins restent inchangés. Alors, on a commencé à vendre des affaires qui nous appartiennent réellement. Cela peut nous sauver un temps, mais bientôt, il ne nous restera plus rien alors on ne sait pas encore comment on va faire! » explique une jeune vendeuse qui sillonne Analakely avec des articles parfois improbables.

 

Milieu rural. Les couches les plus touchées sont celles un peu en dessous de la moyenne. Cette population qui avait un travail, et donc un revenu mensuel, et qui pouvait se procurer divers produits dont des appareils électroménagers. Mais les populations en ville ne sont pas les seules concernées. Celles en milieu rural connaissent également l'effet de cette crise. « Je suis originaire d'Andramasina, et je suis ici en ville pour vendre ce que je peux. J'y retournerai bientôt, mais pour survivre, j'apporte ici le peu de biens que je possède pour que cela se transforme vite en argent. Alors, je pourrais revenir à la campagne pour m'atteler de nouveau aux travaux des champs », raconte ainsi Robert, un vendeur ambulant qui traverse Analakely pour essayer de vendre ses produits, dans l'espoir de trouver de quoi renflouer ses poches en fin de journée.

Recueillis par Anjara Rasoanaivo (Midi-Madagasikara)

Mise à jour le Samedi, 24 Septembre 2011 02:10

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