Recherche

Connexion



Habitudes alimentaires : Un repas en moins par jour

Vendredi, 23 Septembre 2011 13:42 Talenta Kanto
Imprimer PDF
Note des utilisateurs: / 0
MauvaisTrès bien 

Les rythmes de vie et les difficultés financières rencontrées par les ménages malgaches, se traduisent par un changement des comportements alimentaires.

Trois repas par jour. Plus de personnes qu'on ne le croit, n'en ont plus aujourd'hui les moyens. Les statistiques sont, à ce sujet, assez peu nombreuses et la discrétion qui entoure la question, n'expose pas celle-ci au grand jour. Toutefois, quelques indices permettent de déceler un changement des habitudes alimentaires. Les enseignants dans les écoles primaires publiques sont les plus souvent confrontés aux situations des élèves. « Beaucoup se confient ne pas   manger avant d'aller à l'école, le matin. Ce qui explique le manque de concentration, parfois les malaises des enfants. Nombre d'entre eux manquent d'attention et sont peu réceptifs aux enseignements dispensés », déclare Nirina Bebisoa, enseignante dans une classe de 7e dans une EPP de la périphérie d'Antananarivo. Ici, l'existence d'une cantine scolaire qui bénéficie des appuis d'un organisme privé, « maintient » les enfants à l'école. « Je suis certaine que si la cantine venait à fermer ses portes pour une raison ou une autre, le taux d'absentéisme augmenterait sérieusement car les parents estiment qu'avec la cantine au moins, leurs enfants sont assurés de manger à midi. Autrement, ils les auraient gardés chez eux afin d'aider à travailler et nourrir la famille »,ajoute l'institutrice.

 

Manger à toute heure ! Le rythme de vie, en milieu urbain comme en zone rurale, associé au pouvoir d'achat des ménages, explique le changement des habitudes alimentaires des Malgaches. Dans la capitale, les travailleurs dont la majorité n'ont pas la possibilité de rentrer chez eux pour déjeuner, ont recours au service des gargotiers, de plus en plus visibles autour du centre ville. A Analakely, Antaninarenina, Behoririka et les environs, les bouffes mobiles et autres gargotes sont prises d'assaut, à toute heure. Il arrive, en effet, que des clients mangent un plat de riz... à 10h du matin ! Ici, Ar 1 000 ou tout au plus, Ar 1 200 suffisent pour un plat de « vary sy laoka ». Avalé à la hâte, à l'heure du goûter pour compenser le petit déjeuner que l'on a sauté et le déjeuner que l'on ne prendra pas forcément. Le prochain repas sera alors pour le soir.
 

Tout un plat ! Il arrive que le riz soit consommé sans autres mets pour l'accompagner. Du riz rouge et du sel suffisent pour certaines familles en difficulté financière. Pour d'autres, le riz est peu à peu remplacé par des légumineuses. Mais le coût des combustibles pour les faire cuire a amené certains ménages urbains à les abandonner au profit des pâtes. Vendues en vrac, au « kapoaka » ou au kilo,  ou alors en sachets, les pâtes alimentaires, sont de plus en plus prisées pour la rapidité de leur temps de cuisson. Leur consommation, en revanche, ne revient pas forcément moins chère si l'on considère les divers ingrédients nécessaires pour en faire un plat ou une salade. Du coup, les choix reviennent presque immanquablement à l'irremplaçable plat de riz ! Quant aux viandes, à prix de plus en plus prohibitif, leur consommation est plus que limitée tandis que les fruits, assez peu consommés. Les marchands ont, cependant, trouvé la formule qui séduit : des fruits découpés par tranches et proposés aux passants à Ar 100 ! De quoi remplacer la collation de 9h ou de 16h, sans se ruiner !


Recueillis par Hanitra R. (Midi-Madagasikara)

Mise à jour le Samedi, 24 Septembre 2011 02:10

Ajouter un Commentaire


Continuer votre lecture sur